Boutique Biologiquement.comMarijuana thérapeutique : un traitement intéressant pour l’autisme

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La Marijuana bio thérapeutique. Je ne suis certainement pas partisan des drogues, qu’elles soient légales ou illicites. Je n’ai jamais fumé et n’ai aucun penchant pour l’alcool.

Je partage par ailleurs le point de vue d’Oliver Wendell Holmes lorsque celui estime que “si tout le bazar pharmaceutique pouvait être envoyé de par les fonds marins, l’humanité ne s’en porterait pas plus mal, mais pas forcément les poissons”.
Ceci étant dit :
nous avions publié dans l’ARRI 16-2 un courrier émanant d’une mère dont le fils autiste, un grand gaillard doux et affectueux, s’était muté en un adolescent en prise à des colères imprévisibles “généralement associées à des comportements automutilateurs, agressifs et destructeurs”. “Certaines fois, disait-elle, j’en étais réduite à me barricader dans la salle de bains pour me protéger. Il prenait énormément de médicaments, mais aucun ne marchait”.
Des proches lui avaient alors suggéré une solution : des biscuits fourrés à la marijuana. “Peu après qu’il ait mangé son biscuit”, disait-elle, “l’anxiété de mon fils disparaissait et il redevenait aussi doux qu’il pouvait l’être. Il ne donnait nullement l’impression d’être sous l’emprise d’une drogue. Il prend maintenant chaque jour un biscuit à la marijuana et plusieurs doses de Marinol, qui contient la substance active de la marijuana. C’est ce qui a sauvé mon fils et ma famille”.

La plante de marijuana bio cannabis
La plante de marijuana bio cannabis

En page 7 de cette publication de l’ARRI, vous trouverez un courrier de Ray Gallup, parent militant bien connu dont le fils adolescent était devenu extrêmement agressif. Cette agressivité s’était d’ailleurs soldée par l’hospitalisation de plusieurs membres de sa famille et l’intervention de la police à différentes reprises. A l’instar de Ray, des milliers de parents ont à faire face à des enfants tellement incontrôlables et violents que leur vie et celle de leur entourage n’est qu’enfer. Nous avions publié dans l’ARRI 16-1 un éditorial évoquant différentes méthodes pour faire face à de tels comportements, mais la marijuana n’était pas alors à l’ordre du jour. De nombreux médicaments sont utilisés pour juguler les personnes autistes affichant des comportements violents.

Parmi ces médicaments, la rispéridone (Risperdal), qui présente de nombreux effets hautement toxiques (ARRI 16-4). Il me semble que si l’on doit recourir à des médicaments, il pourrait être intéressant d’envisager cette drogue relativement sûre qu’est la marijuana, si des recherches permettent de confirmer les résultats intéressants dont ont pu témoigner différents parents.
Si je prends la précaution d’utiliser l’expression “relativement sûre”, c’est que la marijuana tout comme le Marinol, ce médicament qui contient la substance active de la marijuana, le tétrahydrocannabinol (THC), présente des effets secondaires. Cependant ces effets sont semble-t-il généralement moins nocifs que ceux des psychotropes. La marijuana peut altérer à long terme la mémoire et les capacités cognitives, bien que les avis sur la question soient partagés (voir à ce propos l’article en page 4). Elle peut causer des problèmes cardiovasculaires, dont des problèmes d’hypertension ou d’hypotension artérielle, des évanouissements ou une altération du rythme cardiaque, elle peut exacerber la dépression ou entraîner des troubles mentaux chez certains sujets vulnérables, elle peut également provoquer des nausées, des vomissements, des faiblesses ou une sédation.

La question demeure également de savoir si la marijuana par voie orale est cancérigène (bien que certaines données laissent à penser qu’elle pourrait être au contraire anti-cancérigène), et si elle pourrait également favoriser l’apparition de symptômes schizophrènes chez certains sujets. En outre, cette drogue peut entraîner une dépendance et des anomalies néonatales.
Il est clair que la marijuana thérapeutique n’est pas à administrer à la légère. Les risques sont néanmoins à évaluer à la lumière des effets secondaires connus du Risperdal, qui s’assortit de prises de poids massives, d’un risque très accrû de diabète, d’un risque élevé de problèmes cardiaques, et de tout un cortège d’effets secondaires majeurs et mineurs. D’autres psychotropes ne sont guère plus sûrs et présentent des symptômes allant d’une dyskinésie tardive débilitante à une hyperthermie maligne mortelle ou des risques d’arrêt cardiaque. De tous les médicaments, les psychotropes sont parmi les moins utiles et les plus dangereux, et le rapport risques/avantages de la marijuana thérapeutique semble à ce compte bien anodin.
En outre, les témoignages émanant de parents indiquent que la marijuana thérapeutique marche souvent là où d’autres traitements, qu’ils soient médicamenteux ou non, ont échoué. Un parent qui sollicitait l’avis d’autres parents utilisant ce traitement pour leur enfant autiste a recueilli les témoignages suivants :
“Je sais que ce n’est pas la panacée, mais c’est la meilleure solution et la plus durable que nous ayons trouvée parmi TOUS les autres médicaments essayés. Je ne compte plus les mois passés à nous demander si tel ou tel médicament allait ou non marcher. Là nous voyons la différence en l’espace de 30 à 60 minutes”.
“Mon fils (qui a presque neuf ans) prenait des médicaments destinés à réguler ses comportements autistiques graves. Aucun de ces médicaments n’a jamais marché, si ce n’est que nous voyions empirer son comportement. Il s’est vu prescrire il y a quelques mois du Marinol et nous avons vu diminuer les crises graves et quasiment disparaître ses comportements agressifs envers sa maîtresse et les membres de la famille. Nous avons commencé il y a quelques semaines le cannabis et arrêté le Marinol. Il est de bien meilleure humeur et plus à même de travailler en classe. Il y a bien des jours où il se montre colérique et irritable, mais nous ajustons les doses pour l’aider ces jours-là. Je suis soulagée de lui donner du cannabis plutôt qu’un produit du type Risperdal”.
Aux Etats-Unis, la marijuana thérapeutique demeure illégale dans de nombreux états. Il convient de faire la part entre la marijuana thérapeutique, légalisée dans certains états, et les drogues à usage “récréatif”, illégales à travers l’ensemble des Etats-Unis et dans de nombreux pays. Si l’on s’en tient aux faits, je pense pour ma part que la légalisation pour des applications thérapeutiques est justifiée. Sa légalisation pour d’autres usages (à l’instar de l’alcool) est une toute autre histoire.
Même lorsque la marijuana thérapeutique peut être légalement prescrite par les médecins, ceux-ci sont généralement très réticents. Les associations de patients atteints du SIDA, qui se battent ou se sont battues pour la marijuana thérapeutique, peuvent constituer une bonne source d’information.
Si vous décidez d’essayer cette approche, nous souhaiterions vivement recevoir à l’Autism Research Institute vos observations, qu’elles soient positives ou négatives. Nous sommes également intéressés par les témoignages de médecins ayant la pratique des avantages et effets secondaires à court et à long terme de la marijuana thérapeutique.
J’insiste de nouveau sur le fait que je suis par principe fortement opposé aux drogues, que je considère comme une solution de dernier ressort, à n’employer qu’en cas d’échec de traitements plus sûrs et plus efficaces. Mais tout en étant opposé aux drogues, je suis avant tout pour les traitements sûrs et efficaces, en particulier en cas de comportements dangereux et destructeurs. Les premiers éléments dont nous disposons laissent à penser que dans de telles situations la marijuana thérapeutique peut s’avérer bénéfique et moins nocive que bien des médicaments prescrits de manière courante.

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